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\documentclass[b5j,noaux]{tetsujsarticle}
\usepackage{tetsuryoku}
\kcatcode`«=15 %%%%%%% 引用符の前後のスペーシングを適切にするための設定
\begin{document}
\begin{center}
\begin{tabular}{cl}\hlineb
\gt{特殊文字} & \gt{例文}\\\hline
\'e & J'\'ecris une ligne sur le pr\'esent de narration.
\\
\`e & La vie est tr\`es ch\`ere ici.
\\
\^e & Les synonymes sont des mots qui ont le m\^eme sens.
\\
\`a & Il habite \`a Tokyo depuis trois ans.
\\
\^a & Le repentir trouve gr\^ace devant Dieu.
\\
\^\i & Ta ruine entra\^\i ne la mienne.
\\
\`u & D'o\`u venez-vous ?
\\
\^u & Il a d\^u faire des efforts qui l'ont ext\'e nu\'e.
\\
\^o & Des jardins et de jolis h\^otels bordent cette rue.
\\
\cedille{c} & Marie commen\cedille{c}a \`a soupirer apr\`es Paris.
\\
\"e & vacances de No\"el
\\
\"\i & Dieu ne pourrait-il pas me punir pour avoir fait une pri\`ere aussi \'ego\"\i ste.
\\
\"u & \\
\oe &\\
\ae &\\\hline
\'E & \\
\`E &\\
\^E &\\
\`A &\\
\^A & \\
\^I &\\
\`U &\\
\^U &\\
\^O &\\
\cedille{C} & \cedille{C}a m'ennuie.\\
\"E &\\
\"I &\\
\"U &\\
\OE &\\
\AE \\
\hline
\guillemotleft...\guillemotright & \\
\hlineb
\end{tabular}
\end{center}
\newpage
Le concept appara\^\i t chez Jean Bodin dans Les Six Livres de la R\'epublique (1576). Tout en s'inscrivant dans un contexte de r\'einterpr\'etation du droit latin, cette \'emergence annonce en fait les logiques \'etatiques modernes. Il ne recouvre en effet aucune notion de la l\'egislation romaine : ni l'imperium, qui d\'esigne une simple \guillemotleft puissance de commandement militaire \guillemotright, ni la summa potestas, qui se rapporte \`a un \guillemotleft pouvoir de vie et de mort \guillemotright ne synth\'etisent ce vaste ensemble conceptuel. Cette absence de pr\'ec\'edent notionnel est d'ailleurs mise en \'evidence par Jean Bodin : \guillemotleft Il est ici besoin de former la d\'efinition de la souverainet\'e, car il n'y a ici ni jurisconsulte, ni philosophe politique, qui l'ait d\'efinie \guillemotright.
En tant qu'outil th\'eorique nouveau, la Souverainet\'e t\'emoigne des conditions intellectuelles et politique d'une \'epoque d\'etermin\'ee : la Renaissance. La souverainet\'e cesse en effet progressivement de se d\'egager d'un rapport de force militaire (celui des condottieri) ou symbolique (celui des institutions religieuses), pour \'emaner d'une repr\'esentation rationnelle du pouvoir \'etatique. L'essor de la notion de raison d'\'Etat \`a la Renaissance correspond \`a cette mutation. En tant que production d'une rupture sociale particuli\`ere, la souverainet\'e impr\`egne de facto, la pens\'ee de la Renaissance. Machiavel y fait ainsi allusion dans son œuvre - sans l'expliquer ouvertement toutefois.
Chez Bodin, la souverainet\'e sert de pilier \`a l'analyse de l'\'Etat : \guillemotleft La souverainet\'e est la puissance absolue et perp\'etuelle d’une R\'epublique (…) c'est-\`a-dire la plus grande puissance de commander \guillemotright. Absolue et perp\'etuelle, la souverainet\'e l'est avant tout parce qu'elle \guillemotleft n'est limit\'ee ni en puissance ni en charge \`a un certain temps \guillemotright.
Apr\`es les travaux de Bodin, un certain flou conceptuel demeurera autour de cette notion. En allemand, la traduction litt\'erale, Souver\"anit\"at est ainsi un faux ami : seul l'expression Staatsgewalt permet une traduction idoine. En Angleterre, la Sovereignty ne se rapporte qu'\`a un exercice absolutiste du pouvoir, plus proche en fin de compte de l'imperium ou de la summa potestas.
\end{document}